Tour d’Europe à Bicyclette depuis la Turquie

Auteur : - [ Pierre & Julia à Bicyclette ]

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Notre projet ? Partir de Turquie pour revenir en France, en parcourant une quinzaine de pays différents, et ainsi découvrir l’Europe et ses habitants… à coups de pédales ! De début mars à fin juillet 2015, nous avons donc parcouru plus de 8000 km en couple.

  • Duo
  • 150 jours
  • 8200 kms

La Turquie : 1 mois d’accueils incroyables !

Après une première visite d’Istanbul et un bus de nuit Istanbul-Nevsehir, nous commençons notre voyage de cyclotouriste au cœur de la fameuse Cappadoce mais également à la fin de l’hiver ! Heureusement pour nous, nous avons eu une météo plutôt clémente pour découvrir la région (fraîche mais ensoleillée). Par ailleurs, nous avions pris contact avec un turc pour être hébergés au chaud via le réseau warmshowers pour nos premières nuits (il faut dire qu’une semaine auparavant les températures descendaient à -14° !).

Pendant ces premiers jours, nous avons joué les touristes émerveillés par ce paysage surréaliste. Nous avons même eu l’occasion de dormir dans une grotte creusée dans la roche avec 4 autres cyclotouristes rencontrés sur place !

Couché de soleil en Cappadoce

Puis nous avons pris la direction de l’ouest car nous voulions rallier les sites touristiques d’Egirdir, Pamukkale et Ephèse avant de remonter sur Istanbul. Pour nous guider, outre une carte trouvée dans un office du tourisme, nous avons utilisé l’application « my trails » pour Android en téléchargeant les cartes au préalable.

La Turquie, ses paysages, sa riche histoire et surtout ses habitants nous ont complètement conquis

Nous avons passé tout le mois de mars en Turquie et cela nous a donné l’occasion de découvrir les sites antiques (Hierapolis, Aphrodisias, Ephese, Pergame), les sites naturels impressionnants (Pamukkale, la Cappadoce et les paysages montagneux omniprésents) mais surtout l’extrême hospitalité turque ! Nous étions sans cesse invités à partager un çay (thé) et nous avions du mal à planter la tente car nous étions souvent invités à dormir au chaud par les habitants. Notamment plusieurs fois dans une petite salle prévue pour loger les invités que l’on peut trouver dans la plupart des petits villages. Cela nous a permis de découvrir la vie quotidienne des turcs, grâce à des échanges vrais et simples. Nous avons notamment été invités à partager le dîner de la famille d’un Imam (anglophone !) qui nous a également hébergés pour la nuit.
Bref, la Turquie, ses paysages, sa riche histoire et surtout ses habitants nous ont complètement conquis….

Après la Turquie et une deuxième visite d’Istanbul, nous avons traversé une nouvelle fois le Bosphore, et pédalé encore quelques jours. Nous sommes arrivés, via la frontière grecque, au sud de la Bulgarie.

La Bulgarie : on pédale sous la neige !

Changement d’ambiance ! Nous perdons quelques degrés Celsius et le contact avec les habitants se fait moins franchement. Malgré ce refroidissement général, nous suivons la frontière avec la Grèce et nous régalons des paysages montagneux que nous traversons, en bon grenoblois (d’adoption !) que nous sommes. Ici, aucun souci pour poser la tente et trouver de l’eau. D’ailleurs la région est principalement parcourue par les randonneurs en été.

Notre parcours nous a d’abord fait traverser le massif montagneux des Rhodopes avec des montées progressives (pas très pentues) puis nous avons terminé par le massif de Rila pour aller voir le fameux monastère. Par ailleurs, nous avons emprunté certaines portions de l’Eurovelo 13. Ces portions sont très belles mais il n’existe aucun panneau sur place permettant de se guider…

En Bulgarie, l’influence ottomane se fait encore présente, nous avons vu beaucoup de mosquées et communautés Turques. On peut également bien voir les restes d’un communisme qui a duré un demi-siècle …

La Macédoine : méconnue mais splendide

Nous continuons notre périple à vélo en direction de la Macédoine. Sans à priori sur ce petit pays de 2 millions d’habitants, issu de l’ex-Yougoslavie, nous avons choisi de le traverser du nord-est au sud-ouest.

Nous pédalons à travers des paysages vallonnés et nous avons la chance d’avoir très beau temps. Du début à la fin, ce pays a été une bonne surprise pour nous, notamment grâce à sa population qui est très accueillante. C’est d’ailleurs par hasard que nous avons croisé Gotse à Bitola, qui nous a hébergé plusieurs jours, désireux de nous faire découvrir l’histoire de son pays ainsi qu’un maximum de spécialités locales.

Macédoine, lacs et montagnes

Côté logement, nous n’avons eu aucun mal à faire du camping sauvage et nous avons toujours trouvé de l’eau facilement pour nous ravitailler. Nous avons particulièrement apprécié le lac de Prilep, site du Petzl Rock Trip 2014 et nous comprenons en voyant tous ces tas de cailloux que ce site ait été retenu pour faire du bloc ! Pour finir, nous avons passé quelques jours au bord du lac d’Ohrid, très (trop …) touristique mais fort joli avant de nous diriger vers la frontière albanaise.

L’Albanie : ça monte !

Nous arrivons donc du coté albanais du lac d’Ohrid, beaucoup moins sympa, il faut bien le dire, car la route est en travaux sur plusieurs kilomètres. Néanmoins, nous sommes rapidement invités à manger le meilleur poisson du lac (appelé Coran) chez Simon, entrepreneur local dans le tourisme. On nous avait prévenu que les albanais seraient très accueillant, et c’est bien le cas, il nous offre aussi 2 nuits dans son camping en travaux ! …

Pour traverser ce pays, quelques amis grenoblois ont prévu de nous rejoindre et ils nous ramènent même du Beaufort … oui, on est un peu en manque ! Nous avons testé leur motivation : bagages restés à Lyon, pluie et repluie, pentes à 10% (voire plus !), grosses chaleur, préparation douteuse pour le petit déjeuner … Ils ont tenu le coup, et le pire, c’est qu’ils avaient l’air d’être heureux en repartant ! Peut-être étaient-ils soulagés à l’idée de retrouver la France ? Nous, en tout cas, on a trouvé ça très chouette de leur part d’être venus pendant ces quelques 700 km avec nous …

Il devient plus facile de trouver des campings ici qu’en Macédoine et qu’en Bulgarie et nous trouvons également de superbes endroits pour faire du camping sauvage au bord de l’eau. Bien sûr, personne ne résiste à un petit plongeon dans l’Adriatique. Ici aussi, ça monte et ça descend régulièrement, aussi bien dans les terres que sur la cote. On a régulièrement des panneaux indiquant une pente de 10%, mais qui font sûrement plus que 10% dans la réalité. Nos mollets tiennent bons malgré la pente et le poids des bagages.

Albanie, une côte vallonnée

Par ailleurs, nous n’avons aucun souci avec les automobilistes, qui font attention aux cyclistes contrairement aux idées reçues. Par contre, nous découvrons très régulièrement d’anciens bunkers, traces de l’histoire pas si ancienne que cela et de la paranoïa du dictateur communiste Enver Hoxha.

Le Monténégro : lacs, montagnes et mer

Nous entrons au Monténégro non sans peine… quelques kilomètres seulement nous séparent de la frontière avec ce pays alors que nous sommes au bord du lac de Shkodra. Pour passer, nous devons effectuer un gros détour et devons grimper pour franchir un col… ou tenter de louer une barque de pécheur pour nous transporter sur quelques kilomètres. Cette option a été un véritable échec car il n’y avait aucune barque et nous avons bien sûr dû franchir la frontière naturelle en altitude ! S’il ne fallait retenir qu’un pays pour ses paysages magiques, ce serait le Monténégro.

Les montagnes du Monténégro offrent des panoramas splendides !

Certes, ses montagnes sont rudes à grimper pour les cyclos que nous sommes, cependant elles se jettent directement dans la mer ou dans des lacs, et offrent des panoramas splendides. En outre, les villes fortifiées de Kotor ou encore Budva sont l’occasion de superbes haltes.Ça descend et Ça remonte à la frontière entre le Montenegro et la Croatie

La Croatie : pays de contrastes

Nos amis ont repris un avion depuis Dubrovnik et nous avons continué en amoureux notre voyage. Pour nous la Croatie a 2 visages : l’un très vivant car la côte recèle de magnifiques villes anciennes et d’îles attirant les touristes ; et l’autre beaucoup plus triste car à l’intérieur des terres les traces de la guerre sont toujours très présentes.
En tant que cyclovoyageurs, cela nous a impacté car nous n’étions plus que des touristes comme les autres, et dès lors le contact avec les habitants est plus difficile à créer. Les villes croates (Dubrovnik, Hvar, Split, Sibenik…) sont superbes. Nous avons aimé nous perdre à la tombée du jour à travers les dédales de leurs ruelles. A l’intérieur des terres, l’ambiance au sein des villages a été beaucoup plus paisible mais aussi franchement triste. En effet, des villages entiers sont abandonnés par la population ayant fui pendant la guerre. Il reste également des zones entières non déminées, n’incitant pas franchement au camping sauvage…

Nous avons également fait une incursion rapide d’une journée en Bosnie, où la nature sauvage et les villages beaucoup plus animés nous ont donné envie de découvrir davantage ce pays (même si les traces de la récente guerre sont toujours présentes). Les minarets omniprésents nous ont également rappelés de bons souvenirs.
Et côté faune, nous avons laissé derrière nous les chiens turques qui nous coursaient systématiquement (au plus grand bonheur de Julia !) pour des rencontres inopinées avec des serpents. En effet, les couleuvres des balkans ne sont pas si farouches et nous en croisions tous les jours.

A travers les vignes sur la presqu’ile de Peljesac - Croatie

Après la Croatie et de très bons moment passés chez nos hôtes Warmshower Bojan et Zoran, nous continuons notre route sous la pluie vers le Nord à travers la Hongrie.

La Hongrie : un peu de mauvais temps nous fait découvrir le pays sous un autre angle

Nous passons donc la frontière sous la pluie, la stratégie du moment : rouler 2 h et s’arrêter dans un café pour y découvrir l’ambiance et se réchauffer, rouler à nouveau 2h et s’arrêter dans un café, etc. Quelques personnes entament la discussion, nous offrent un café…ce sont toujours des moments surprenants, tant les hongrois ont l’air distant au 1er abord.

Premier objectif en Hongrie : la rive Nord du lac Balaton, plusieurs bonnes pistes cyclables nous permettent d’y parvenir et nous arrivons sous la grisaille chez Matej et Nora, un couple Tchequo-Hongrois vraiment adorable avec nous. Nous décidons de prolonger notre séjour chez eux et de les aider à faire le potager, avant de partager une fête typique dans le village où nous verrons des concerts et danses traditionnelles et où nous serons fortement incités à goûter les alcools locaux que chacun ramène…
A Budapest, en arrivant dans la ville, nous découvrons que la roue arrière de Julia est en train de rendre l’âme, quelle chance que cela arrive à ce moment, cela nous permet de faire le tour des magasins de vélo. Nous n’avons malheureusement qu’une journée pour découvrir cette magnifique ville car nous devons rallier Cracovie à vélo à temps pour retrouver la famille de Pierre ! ce dernier y mangera la meilleure glace du voyage au « café Gerbaud », nous faisons une longue promenade dans la ville à découvrir les prestigieux bâtiments (parlement, châteaux…), les kerts (fameux bars dans les ruines des anciens bâtiments soviétiques), les thermes (sans prendre le temps de s’y baigner) et le quartier juif. Enfin nous nous intéressons de plus près à l’insurrection de 1956 qui s’acheva dans le sang après que les chars Russes soient entrés dans la ville.
Nous quittons la Hongrie sous le soleil direction Bratislava par l’eurovélo 6 où nous croisons de nombreux cyclos.On dirait bien que le Danube a débordé … (test de l’étanchéité des sacoches par le bas réussi pour ce passage ! …)

Budapest

La Slovaquie : le pays du vélo ?

Nous arrivons à Bratislava dans une formidable ambiance cyclable … En effet, 2 hôtes warmshowers nous ont conviés au « bike critical mass », nous découvrons donc la ville parmi le convoi de cyclistes et au son des sonnettes avant un pique-nique à la « bike kitchen » (association de réparation de vélos de ville locale).Le pique-nique se prépare
On nous propose alors de dormir dans les locaux de la bike kitchen, où un canapé-lit se trouve au milieu des vélos désossés. Ces locaux sont en fait un container !! Nous avons la clé des toilettes publiques à proximité car il n’y a pas de sanitaire dans un container.
Nous sommes idéalement placés, en plein centre ! Par contre après être passés à Budapest, Bratislava nous semble avoir beaucoup moins de charme malgré les bons conseils donnés par nos amis de la bike kitchen. Nous quittons Bratislava en direction du château de Devin, détruit par Napoléon, avant de prendre la direction du Nord par une magnifique route assez tranquille d’où nous pouvons apercevoir de nombreux châteaux et croisons des cyclistes.

Un véritable coup de cœur pour ce pays que nous ne connaissions pas du tout !

Bratislava et la bike kitchen

Nous faisons également un bout de route avec un groupe de cyclistes handicapés, qui font un tour de Slovaquie, 100kms par jours à la force des bras, événement apparemment fort médiatisé !

En Slovaquie, on mange des glaces partout et toute l’année, pour le bonheur de Pierre… Les gens parlent facilement anglais et nous ont semblé très accueillants. Coup de cœur pour ce pays que nous ne connaissions pas du tout.

Pologne : un passage éclair

Après avoir passé la frontière dans les moyens Tatras, nous faisons un détour dans un tout petit village pour être hébergés par Andrew et Alicja, un sympathique couple ayant voyagé durant 4 ans entre la Pologne et l’Australie (aller en « sac à dos », retour à vélo à partir de la Thaïlande). Nous passons une bonne soirée à discuter voyage … Ça nous fait tout drôle de reparler un peu Français avec d’autres personnes car Alicja parle très bien Français !

Nous sommes à une petite journée de Cracovie à vélo, nous rejoignons donc une partie de la famille de Pierre pour visiter cette jolie ville, le camp de concentration d’Auschwitz et les mines de sel de Wieliczka (un peu trop touristique à notre gout). Nous passons de très bons moments et Pierre échange ses chaussures fermées contre des sandales SPD shimano pour la suite du voyage ! Nous recommençons ensuite à nous rapprocher de la France puisque le détour vers le Nord est fini, direction plein Ouest pour aller à Prague.

Nous quittons Cracovie sous le soleil et pédalons sur les routes « patchwork » (comprendre trous rebouchés un par un avec un peu de goudron) de Pologne qui nous secouent bien avant d’arriver à la frontière avec la République Tchèque en fin de journée à la recherche d’un camping pour la nuit. Nous en trouvons un au bord d’un lac. Bonne surprise, il est basique mais n’est vraiment pas cher (5 € pour 2), cela restera de même dans tout le pays.

République Tchèque : pays vallonné pour nos mollets

On nous l’avait dit, la République Tchèque est remplie d’itinéraires cyclables très bien indiqués ! Par contre, le paysage est vallonné et nos mollets, pourtant déjà bien entrainés, souffrent malgré tout. Nous qui sommes plutôt des habitués des longues montées, puis des longues descentes, nous devons nous adapter aux petites collines. Ça monte sur un 1km, ça descend sur 1 km et ça remonte, et ça redescend ainsi toute la journée. Le vent ne nous est pas toujours favorable et parfois le moral en prend un coup ! Mais nous ne nous laissons pas abattre : le guide du routard nous annonçait les meilleures bières du monde, grâce à son houblon de grande qualité… et pour un tarif dérisoire en comparaison à ceux que nous connaissons. Nous devions évidemment tester cette affirmation !

En arrivant au camping de Hranice, nous constatons que Julia a cassé son porte-bagage… sans doute épuisé par les pistes turques, croates ou les routes défoncées de Pologne… Elle finira le voyage avec un porte-bagage tchèque !

Nous continuons à être hébergés en « Warmshowers ». Ainsi, après la jolie ville d’Olomouc classée à l’UNESCO, nous arrivons à Brno où nous retrouvons un air de Turquie en étant accueillis par Selçuk, venu travailler depuis quelques années ici. Son objectif : gagner suffisamment d’argent pour payer les 6 000 € que demande l’état turc pour échapper au service militaire obligatoire. Puis nous retrouvons nos amis Matej et Nora, qui nous avaient hébergés en Hongrie. Cette fois, ils sont venus rendre visite à la famille de Matej et nous passons une agréable soirée ensemble dans la cour d’une petite ferme. Le lendemain, c’est le marché des producteurs locaux et le jeune couple y vend des savons faits maisons ! Nous avons du mal à repartir car nous sommes encore une fois vraiment bien en leur compagnie mais nous avons rendez-vous avec d’autres hôtes les nuits suivantes donc nous filons chez David à Caslav. David finit ses études et découvre le voyage à vélo. Nous arrivons trempés par la pluie et nous sommes ravis d’avoir un endroit sec pour la soirée et la nuit.

Nous repartons en direction de Prague, entourés de cerisiers croulant sous les fruits…un régal ! Dusan sera notre prochain hôte dans la capitale. Nous resterons finalement 3 nuits chez lui au lieu de 2 car nous avons besoin d’un peu de repos. Nous avons donc le temps de visiter différents quartiers de Prague, le fameux Pont Saint-Charles, le château… superbe mais très touristique.

Nous passons encore quelques jours en République Tchèque en direction du Sud, le long de Vltava à travers des villages très mignons. Désormais, nous nous engageons de plus en plus vers la France. Il ne nous reste plus que 1,5 mois de voyage et nous profitons vraiment de tous les instants !

Allemagne & Autriche : des pistes cyclables confortables

Nous pédalons pendant quelques kilomètres vallonnés en Autriche, avant d’arriver en Allemagne à Passau. Cette superbe ville est le passage obligé de tous les cyclistes faisant l’Eurovélo 6. Nous dormons au camping où nous avons droit à des regards étonnés quand nous racontons notre périple, pas franchement en ligne droite à travers l’Europe ! À partir de ce point de notre voyage, nous entrons dans une zone géographique pleine de pistes cyclables, c’est royal et nous savourons ces infrastructures.

De Passau, nous partons vers Munich. Henning nous accueille et le courant passe tout de suite. Nous parlons vélo mais surtout escalade, montagne…autour de bonnes bières locales (c’est isotonique, parait-il !). Après Munich et une superbe traversée de la Bavière, nous faisons une halte à la frontière autrichienne, non loin de Reutte où nous sommes accueillis par Hans qui nous mitonne des « Wienerschnitzel » maison…de quoi nous requinquer après le début des Alpes ! Car depuis quelques dizaines de kilomètres, ça y est, nous retrouvons nos chères Alpes. On se sent tous les deux, un peu plus proche de chez nous… Et il faut dire que c’est quand même joli les Alpes ! … Avant d’arriver au lac de Constance, nous sommes hébergés par Gabrielle et Christian, qui partent tous les ans faire des voyages à vélo allant de 3 à 8 mois depuis 25 ans ! Encore une bonne soirée à parler voyages. La famille de Julia nous accompagne pour rouler autour du lac de Constance.

Une zone géographique pleine de pistes cyclables que nous savourons !

Début juillet, nous retrouvons la famille de Julia au grand complet et à vélo ! C’est donc à 7 cyclistes et un petit bout de 7 mois confortablement installé dans sa remorque que nous pédalons pendant quelques jours autour du lac de Constance. C’est la canicule et rouler au bord du lac permet d’aller se baigner régulièrement, un bonheur ! Les petits villages au bord du lac sont plein de charme et nous terminons le périple par une excursion pour aller voir les chutes du Rhin. Le débit d’eau est impressionnant !

Suisse : entre lacs et montagnes

Nous quittons la famille de Julia pour profiter de notre dernier mois de voyage à deux. Nous changeons notre rythme et faisons une grosse pause le midi car la chaleur est étouffante. En Suisse, nous choisissons un itinéraire qui longe les lacs et les rivières, ce qui nous permet de nous rafraichir très souvent. Nous passons par Zurich où Thibault et Verena nous emmènent descendre la Limate en canoë, ce qui semble être l’activité principale des Zurichois en cette période de canicule ! Puis nous passons par Interlaken, camp de base de Ueli Steck, où Sandra et Matthias nous accueillent et nous donnent de bons conseils pour la suite de notre parcours en Suisse. Nous y admirons les sommets à 4 000 m qui nous entourent avant de remonter voir nos amis Sabine et Julien près de Neufchâtel. Français parfaitement acclimatés à la Suisse (Sabine a même pris l’accent !). Ils nous font découvrir les environs et nous accueillent comme des rois !

Suisse - bivouac

Comme nous avons le temps, et que nous aimons les beaux paysages, nous faisons ensuite un crochet par Zermatt. Il fait toujours aussi beau et nous faisons principalement du camping sauvage (le prix des campings nous dissuade d’y séjourner !). Les pistes cyclables situées à part des routes principales nous permettent de trouver des espaces de pique-nique tranquilles, avec point d’eau et toilettes.

Nous avions eu différents échos de Zermatt et nous avons eu envie de nous en faire notre propre idée, nous avons donc testé pour vous « Zermatt en mode low-cost ». Il faut savoir que la montée à Zermatt, située en bout de vallée au pied du Cervin peut se faire habituellement en hélicoptère (en 15 minutes) ou en voiture avec une portion de train obligatoire à la fin pour les 5 derniers kilomètres. Zermatt étant réputée pour être une ville « sans voiture ». Nous avons opté pour une montée en vélo sacoches, choix que peu de gens font… cependant il nous a permis d’arriver tranquillement au cœur de la ville, sans payer le train ni le parking. Sur place nous avons fait une randonnée à pied (gratuite), nous permettant d’avoir une superbe vue sur le Cervin et ses voisins 4000 (Mont Rose, Castor & Pollux, Dom …) après une nuit au camping, étonnamment bon marché pour la Suisse (23€/nuit). Légère déception néanmoins, car pour une ville sans voiture il existe des dérogations pour les navettes, les taxis, les véhicules électriques…bref, ça grouille et ça ne donne pas franchement une impression de tranquillité !

France : retour au pays

Après la traversée de la vallée du Valais, nous avons retrouvé notre pays natal, en passant la frontière au niveau de Martigny. Il existe une route, relativement fréquentée que nous n’avons pas choisi de prendre pour des raisons de sécurité. Nous avons opté pour des pistes forestières (après tout, nous n’étions plus à ça près !) et nous avons retrouvé avec bonheur la baguette et les pains au chocolat à Vallorcine…oui, 6 mois à l’étranger, ça créé quelques frustrations culinaires !

Après un passage chaotique entre Chamonix et St Gervais où rien n’est prévu pour les cyclistes, nous arrivons chez Anne-Claire, Seb et la petite Louise pour quelques jours. Nous découvrons les environs en randonnée et Pierre fait même une grande voie, emmené par Seb qui est guide à St Gervais !

Arrivée en Savoie

C’est bientôt la fin, nous reconnaissons au loin les sommets connus et passons quelques cols davantage destinés aux vététistes (col du Joly, Cormet d’Arêches), et pour notre dernier bivouac nos amis Yann et Aurélie nous rejoignent avec leurs 2 petites filles. Ils sont bien courageux car un orage s’abat sur nous toute la soirée ! Les 2 petites sont surexcitées par le bivouac et nous profitons de cette dernière soirée du voyage à l’abri de l’auvent providentiel de leur van. Le lendemain, nous retrouvons notre famille et nos amis en gare de Moutiers, ça nous fait chaud au cœur de les voir après ces 6 mois d’absence. Nous sommes une dizaine (les plus courageux) à monter tous ensemble les derniers 700 m de dénivelé avant un grand pique-nique au soleil.

Pour conclure :

Ça y est, ce voyage à vélo est terminé. Nous avons environ 8 200 km au compteur, des centaines de rencontres en mémoire, des dizaines de découvertes culinaires pour nos papilles, des paysages étonnants et superbes dans les yeux, quelques crevaisons vite oubliées et des moments forts que nous sommes heureux d’avoir pu vivre ensemble.
Nous avons jonglé avec les bases des différentes langues, ainsi que les différentes monnaies et révisé nos cours d’histoire, en les croisant avec ce qu’ont vécu les gens ce qui est fabuleux.
Ce voyage aurait pu se faire avec un autre moyen de locomotion. Le choix du vélo a facilité les rencontres et permis de prendre le temps d’admirer le paysage. Il nous a aidé à trouver des lieux de bivouac isolés et globalement le vélo attire la sympathie des gens à notre égard.

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Pierre & Julia à Bicyclette

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Période

1/03/2015 au 25/07/2015

Type de vélo

VTC

Budget par jour

20€/jour/pers euros

Pays traversés

Allemagne - Autriche - France - Suisse - Albanie - Bosnie - Bulgarie - Croatie - Hongrie - Macédoine - Monténégro - Pologne - Republique Tchèque - Slovaquie - Turquie